Brouillon de lettre à des amis (non datée) contenant :

1/ Un merci pour l'amour et le partage dont ils font preuve et qui viennent de leur foi

2/ Sa reconnaissance envers les missionnaires.

3/ Un bref récit de ses débuts dans la foi au sein d'une famille non chrétienne.

(l'original, brouillon manuscrit, se trouve chez Monsieur Jean Baptiste Baskouda)

 

N° L3

 

Mes chers amis,

 

C'est l'amour que vous portez à l'Afrique qui me permet de me trouver ce soir parmi vous et de vous parler. Ce n'est pas un sentiment philanthropique mais un amour qui trouve son origine dans la Foi.

L'amour né de la Foi, comme la Foi, est un don de Dieu – car c'est une émanation de l'amour même dont Dieu aime qui nous est donné. Dieu qui aime les Africains vous a fait part de cet amour. C'est cela que Jésus avait demandé à son Père pour ses disciples qu'il voulait tous missionnaires. Que cet amour même dont vous m'avez aimé soit en eux et moi en eux.

Comme en saint Paul, l'amour de Dieu n'a pas été vain en beaucoup d'entre vous. Ce que prouvent vos prières et sacrifices connus de Dieu seul pour la conversion des païens. Cet amour pour l'Afrique, vous l'exprimez en contribuant aux œuvres de la Propagation de la Foi et surtout en nous envoyant des Missionnaires. Moi qui vous parle, je ne serais jamais ce que je suis aujourd'hui sans la vie des missionnaires et donc sans l'aide de l'ensemble des œuvres missionnaires.

 

Je n'ai pas eu le bénéfice de naître de parents chrétiens. Je suis moi, le premier de ma famille ;  j'ai donc appris le catéchisme moi-même pour recevoir le baptême. La joie qu'on goûte dans un baptême est analogue à celle des parents chrétiens le jour du baptême de leurs enfants. Les parents invitent des amis à participer à leur joie.

Après  mon baptême, je fus catéchiste à la Mission, et comme je voulais faire goûter cette joie d'être chrétien à un nombre plus grand, j'entrai au séminaire. Pendant mes 20 ans de ministère comme vicaire et curé, j'ai baptisé quelques milliers de païens… Et maintenant je suis dans une région complètement païenne pour l'évangélisation de laquelle j'ai quitté mon diocèse et ma région. La population païenne où je suis a reçu le message de l'Evangile pour la 1ère fois en 1946 et je suis moi-même depuis 1959. C'est une région très pauvre dans laquelle un de vos compatriotes travaille comme m.…?… et personnellement  je l'ai eu dans ma Mission plusieurs années.

Pour vous donner une idée de leur pauvreté, figurez-vous que comme unique nourriture ils se nourrissent de la farine réduite en pâte, avec des herbes cuites à l'eau….. (Ici s'arrête le brouillon)