ARTICLE ECRIT EN BASSA PARU DANS

LE CAMEROUN CATHOLIQUE

de Septembre 1945

(Traduction Sœur Alphonse-Emilienne, s.s.m.)

 

"ENSEIGNEMENT POUR LES CATECHISTES QUI DEMANDENT

LA DOT POUR LEUR FILLE"

 

"C’est l’herbe que mange la chèvre que son petit mange aussi !"

 

« Le vieillard ne fuit pas la palabre » C’est pourquoi je crie à tue-tête que les catéchistes ne doivent pas demander la dot pour leur fille. Le catéchiste est bien placé pour savoir ce que disent les prêtres et l’évêque ; il est aussi le porte-parole  du prêtre, ses mains et ses pieds dans l’enseignement de Dieu. Le catéchiste doit être capable d’entonner le chant à la place du prêtre pour que l’assemblée le reprenne. Si le prêtre entonne un chant et que le catéchiste n’esquisse pas le pas de danse l’assemblée pourra-t-elle mieux faire ? Mauvaise danse que voilà ! C’est pourquoi, le catéchiste qui ne conforme pas sa vie à l’enseignement du prêtre entraîne les autres dans sa chute.

 

Puisque l’évêque et les prêtres conseillent de ne plus prendre la dot, le catéchiste qui ne veut pas obéir est responsable du péché que commettent les autres dans ce sens. Prendre la dot de sa fille est source de nombreux péchés.

 

Alors, catéchiste ! Prends garde, toi qui enseigne aux autres de ne pas vendre leur fille comme une esclave et qui, en cachette, fixe la dot de ta fille ! Qu’as-tu fait ? « Tu répugnes la saleté alors que tu la portes dans ton ventre ! » Catéchiste menteur !

 

Le catéchiste qui demande la dot pour sa fille n’est plus un « guide » mais un païen. Le sort qui l’attend est celui d’être relevé de ses fonctions de catéchiste.

 

Et même s’il a des gens qui le soutiennent pour qu’il ne soit pas relevé, c’est nous les prêtres qui devrons le faire de force. «  Le peuple se plaignait de la mouche alors qu’il avait un chasse-mouche ! »

 

Le prêtre en a assez de soutenir des catéchistes qui demandent la dot pour leur fille dans les villages. Le prêtre a beau parler aux chrétiens, ils n’écouteront pas à cause du contre témoignage de ces catéchistes.

 

Tous les évêques et prêtres, blancs comme noirs disent : « Demander la dot pour une fille est source de nombreux péchés. C’est une plaie qui trouble les mariages chrétiens. »

 

Pour lutter contre la racine de ce péché, les prêtres et les catéchistes doivent avoir la même parole et les mêmes attitudes. Les chrétiens doivent écouter les bons catéchistes et les prêtres doivent prêcher par l’exemple de leur vie. Pour cette conversion nous sommes obligés de nous appuyer sur ceux des catéchistes qui essaient d’être de bons chrétiens.

Nos catéchistes n’ont pas des salaires considérables et nos moniteurs ne sont pas payés comme ceux du public, c’est vrai. Mais certains font des choses répréhensibles pour gagner de l’argent alors qu’ils en perçoivent à la mission sans commettre aucun mal ! Pourquoi refusez vous, catéchistes, de percevoir l’argent que vous avez gagné sans aucune faute ?

Vous dites que vous aimez Dieu en percevant l’argent trompeur alors que vous provoquez la colère de Dieu en attirant sur vous la mort et celle qui frappera les autres ! Satan vous a trompés.

 

Si un catéchiste refuse cet enseignement il serait mieux pour ses frères qu’il accepte de laisser son travail de catéchiste. Le catéchiste doit éteindre la flamme du péché dans le village. « Celui qui n’éteint pas active. » Il ne faut pas approuver les mensonges.

 

Même les chrétiens les plus pratiquants, ceux des confréries, doivent suivre l’exemple du bon catéchiste. Les médailles qu’ils portent montrent qu’ils veulent être de vrais chrétiens. Ils le montreront en obéissant à l’évêque. Jésus a dit à propos des évêques. « Qui vous écoute, m’écoute !» Si on exclut de la communauté celui qui demande la dot pour sa fille, le ciel va-t-il s’écrouler ? Ce dont le pays a besoin ce sont des vrais hommes et non des « médaillés » sans valeur.

 

« Mettre le grelot au cou d’un chien qui ne sait pas chasser trouble l’audition dans la brousse. »

Beaucoup disent que discuter et philosopher est réservé à la mission. Quelqu’un m’a dit un jour : « Si j’ai deux enfants, un garçon et une fille, et que je ne demande pas la dot pour ma fille, où vais-je trouver l’argent pour payer le mariage de son frère ? » Je lui ai répondu : « Va donc demander à ceux qui n’ont qu’une fille pourquoi ils ont demandé la dot de leur fille ! » Blagues que tout cela ! Si tu ne donnais que des garçons, qu’en ferais-tu ? Agis donc comme si tu n’avais que des garçons. Saint Paul a dit : « Ne faites pas le bien pour en tirer profit. »

 

Abbé Simon Mpeke