NE VENDEZ PLUS VOS FILLES, DOTEZ-LES !

Article de l’Abbé Simon MPEKE, publié dans l’Effort Camerounais

N° 168 21-12-1958

 

 

                De nos jours au Cameroun : « Pas de dot, pas de mariage ». Pour le mariage chrétien, la dot est devenue un obstacle. ...........ainsi sa raison d’exister parmi les fidèles, la pratique de la dot devrait donc être bannie de l’Eglise.

                Si le sel s’affadit, dit Jésus, il n’est plus bon à rien qu’à être jeté dehors et foulé aux pieds (Matt,V,13). En 1947 à la Mission de New-Bell, pour 11.000 chrétiens ..........., 81 mariages furent célébrés à l’église. J’ai béni moins de mariages en 57 dans la même paroisse, alors que le nombre des fidèles dépasse 22.000.

                La diminution constante des mariages religieux est un fait constaté dans l’ensemble des Missions catholiques du Cameroun. L’EFFORT du 12 Octobre 1957 montre la « disparition progressive de la famille régulière dans le Sud-Cameroun : en ....., les mariages de l’année ont passé de 25 à 6 pour .....

                L’archevêque de Yaoundé, qui a plus de 25 ans d’épiscopat au Cameroun, et tous les pasteurs d’âmes, s’accordent à attribuer principalement à la coutume de la dot cette situation inquiétante.

                L’ordre divin intimé aux hommes dès l’origine de peupler la terre, crée le droit naturel au mariage régulier. C’est aux peuples normaux, c’est-à-dire monogamiques, que Dieu fit ce commandement au paradis et après le déluge : « Multipliez-vous, remplissez la terre » (Gen, 1, 28 ; 9, 1)

                Mais l’accomplissement de cette loi naturelle dans l’ordre voulu par Dieu, est empêché au Cameroun par une tradition humaine. Conséquence logique : « Des régions entières se dépeuplent, il y a des races qui meurent. Jeunes gens et jeunes filles, coincés entre l’antique conception familiale et les normes économiques modernes, s’adonnent au concubinage, faute de pouvoir se marier librement » (Sr Marie-André, Loi d’airain du mariage dotal au Cameroun, p.2)

                Pour favoriser le repeuplement d’un pays comme le Cameroun, il faudrait que, comme ailleurs, les Gouvernements aident même financièrement à la création de foyers jeunes. « Le crédit camerounais » y trouverait sans doute un champ d’application d’intérêt national. Mais avec la pratique de la dot, pareille mesure est impensable chez nous.

                En attendant le pire, « la population reste stationnaire. Certaines tribus moins touchées par les abus de la dot, ont encore des enfants, ce qui compense la déficience des autres, mais le mal s’étend. » (Loi d’airain, p.14)

 

                Les conditions imposées par la coutume de la dot, mettent la grande majorité des jeunes dans l’impossibilité morale de répondre aux exigences d’un mariage chrétien normal.

                C’est la dot qui règle la durée et la rupture des fiançailles comme le choix de celle ou de celui qu’on veut épouser.

                « Que de jeunes filles nous disent : mais enfin avec celui-là je suis mariée, mais avant j’en avais eu trois, quatre. Que de fois, j’ai donné mon coeur et il a fallu le reprendre uniquement pour des questions de billets de 1.000 frs » (Mgr Bonneteau, La petite femme noire, p.8). Ainsi les mariages sous l’emprise de la dot sont viciés au départ par le « cupidité, racine de tous les maux » (I Tim., 6, 1).

                Sous l’influence de la dot, 75% au moins de nos mariages à l’église passent par le concubinage soit dans la famille même de la jeune fille, soit sous la forme ordinaire de ménages irréguliers.

                Un jeune homme qui veut se marier au Cameroun, doit d’abord verser une certaine somme d’argent et des cadeaux au responsable de sa fiancée. Il devra encore revenir plusieurs fois soit pour exécuter des travaux au profit de sa belle-famille, soit pour lui apporter d’autres sommes d’argent et des cadeaux variés.

                La multiplicité des exigences des beaux-parents prolonge cette période qui devient pour les fiancés un danger prochain de péché. Rares sont ceux qui y échappent. C’est pour essayer d’y remédier que Mgr Bonneau, en 1952, prit cette décision : « Vu les abus et les dérèglements  qu’occasionne la dot, vu la coutume qui veut que la fille dotée même partiellement, soit soumise aux désirs du fiancé, tout parent qui aura reçu une partie de la dot - la totalité à plus forte raison - et refusera le mariage de sa fille, sera considéré comme indigne des sacrements ; il a fait, en effet, de son côté tout ce qu’il faut pour suivre la coutume païenne. Si sa fille persiste à se bien conduire, c’est par sa volonté à elle, et sa conduite ne peut aucunement justifier les actes de son tuteur. »

                L’état de concubinage conséquent au premier versement de la dot avait amené Mgr Vogt, plus de 25 ans auparavant, à écrire dans une lettre pastorale en ewondo : « C’est une obligation pour les parents de placer leur fille au sixa dès qu’ils l’ont sérieusement promise en mariage à un jeune homme, et cela avant de recevoir une partie de la dot. Les parents qui garderaient leur fille chez eux après avoir perçu une partie de la dot, devront être écartés des sacrements. S’ils les recevaient sans avoir préalablement réparé cette faute et avoué ce péché en confession, ils commettraient un sacrilège. »

                Il est grand le péché de ceux qui, pour une modique somme d’argent, abandonnent leur devoir d’état « le très grave devoir de l’éducation des enfants. » (Can. 113).

                On remarquera que les « sixa » sont un des effets humiliants de la dot. Que ceux qui en désirent la disparition, travaillent donc avec l’Eglise à la suppression de sa cause.

                La cause de la plupart des ménages irréguliers est la dot. La durée indéterminée des fiançailles par suite des exigences de la dot, entraîne beaucoup de jeunes gens à « voler » leur fiancée. On comprend leur impatience doublée par la crainte de se voir évincés par des concurrents éventuels plus riches. L’état de concubinage qui en découle, est encore favorisé par les beaux-parents dont la cupidité devient alors excessive, surtout quand l’enlèvement s’est effectué avant que ne soit fait l’état civil. Ah ! le fameux état-civil. Mentionnant avec indifférence les détails ostensiblement abusifs du « montant connu », conditionnant la légitimation du mariage religieux, stimulant ainsi la cupidité des tuteurs, il devient un instrument officiel des abus de la dot. L’établissement de cet état-civil signifie en fait dans la généralité des cas, que l’acquéreur de la femme est pratiquement ruiné et cousu de dettes... et parmi ces dettes, la moindre n’est pas « le montant qui reste à verser ».

                Si on ajoute à ces conditions économiques : l’habitude du péché contractée pendant un long célibat imposé par la dot, les dépenses que doivent occasionner la grande fête du mariage religieux, l’influence de la dot sur la jeune fille, on comprend le grand nombre de ménages qui restent irréguliers après établissement de l’état-civil.

                Je pense que j’ai dans mon diocèse en ce moment 3.000 jeunes filles qui sont avec un homme, la dot est versée, l’état-civil fait »... disait Mgr Bonneau en 1956. (La petite femme noire, p.10)

                L’étendue des désordres créés par cette situation, est d’autant plus inquiétante que le nombre d’unions irrégulières sans état-civil est partout plus élevé. La grande majorité de nos mariages à l’église ne sont guère que des régularisations plus ou moins tardives et très souvent formalistes.

                Une vie chrétienne personnelle et familiale ne peut s’épanouir que fort difficilement en ces foyers où la dot a d’abord donné la zizanie. Après le mariage, la dot devient la pomme de discorde entre les conjoints comme le motif intéressé des frictions opposées des deux belles-familles jusqu’au jour où la possession d’une nouvelle dot ou la possibilité du remboursement de la dot « mangée », entraînera la polygamie ou la ......

                La dot est aussi un moyen idéal d’escroquerie. Le jeune homme donne presque tout sans « reçu » de la part des beaux-parents : l’exiger serait faire une injure à de si honnêtes gens. Mais quand arrive le jour de faire les comptes, surtout dans la perspective d’un remboursement, nos « saints » de la veille nient cyniquement la moitié des sommes perçues et minimisent la valeur des cadeaux.

                La justice coutumière est arrivée à ajouter automatiquement à la totalité des biens reconnus par la belle-famille, la moitié de ce qu’elle a nié.

                Les beaux-parents exploitent tout dans le jeune ménage. Une mésentente, une naissance, un décès et même la stérilité de leur fille constituent des occasions d’exigences nouvelles et de rites coûteux. Bien plus, le mari doit élever gratuitement les « frères et les soeurs » de sa femme, recevoir et loger indéfiniment tous les membres de sa belle-famille et contribuer aux frais de leurs réjouissances et de leurs deuils.

                Il est temps pour les chrétiens que leurs actes ou leur ......... intéressé rendent complices  des méfaits de la dot, de prendre loyalement conscience de leur péché. Après tout ce qui précède - et on n’a pas tout dit - il ne semble pas possible d’affirmer que le chrétien « qui donne sa fille en mariage - avec dot - fait bien » (Cor, VII, 37).

                S’il ne fait pas bien, il fait mal. Ce mal, on l’appelle en théologie « péché ». Il n’y a pas d’actes humains concrets indifférents, c’est-à-dire ni bons ni mauvais ni méritoires ni déméritoires. Dans les circonstances actuelles, la décision prise par un tuteur de donner sa fille en mariage avec dot, implique de sa part le renoncement à la marier selon Dieu. Cette décision traduite en actes déclenche une chaîne de désordres connus et moralement certains.

                L’Eglise ne peut pas protéger la dot.

                Le rôle de l’Eglise consiste à « sanctifier » en quelque sorte les moeurs particulières des peuples et leurs institutions traditionnelles. Tout ce qui dans ces usages et coutumes n’est pas indissolublement lié à des erreurs, sera toujours examiné avec bienveillance et quand ce sera possible, protégé » (Pie XII, Fidei Donum).

                En 1937, Mgr Graffin, lors de sa visite à Rome, fit au Pape Pie XI, un rapport sur l’état de son diocèse. Le Pape dit alors à l’Archevêque de Yaoundé : « Dites à vos ouailles, en mon nom, d’abandonner la coutume de la polygamie et celle de la dot » (Nleb N° 19)

                Le bien commun exige la suppression de la dot. Les abus ont de tout temps motivé l’abolition ou la modification des coutumes et des institutions. Or les abus de la dot sur le plan individuel et social sont évidents.

                ........que les responsables du bien commun moral et civique se doivent de prendre des mesures efficaces en vue de la suppression de la dot elle-même. Notre-Seigneur n’a ni maudit le feuillage trompeur du figuier sans fruit ni recommandé d’émonder l’arbre qui porte de mauvais fruits : c’est l’arbre lui-même qu’il a condamné (Marc XI, 14 ; Jean, 15, 1)

                « Quand un système est reconnu anachronique, désuet, ou qu’il est devenu intimement mauvais, pourquoi le maintenir sous prétexte qu’il était meilleur dans un autre âge ? Non, sincèrement, la dot telle qu’elle se pratique aujourd’hui dans le Sud-Cameroun et dans d’autres territoires d’Afrique, je puis vous en donner des témoignages, cette dot-là est une plaie, un obstacle à l’épanouissement de l’Afrique. Faisons-la disparaître simplement. Il est illusoire de corriger le système par bribes ». (Abbé J. Zoa, La dot en territoire d’Afrique, p.11). La suppression de la dot à la fois par l’Eglise et l’Etat serait la plus efficace, cependant les critères de détermination ne sont pas les mêmes. « Pour décider les autres à partir ne dites pas : partons, partons, mais dites : moi, je pars » (Proverbe).

               

                Que le lecteur me permette de profiter de sa patience pour essayer de résoudre une double question :

1° La suppression de la dot ne porterait-elle pas atteinte aux droit des parents sur leurs filles ?

2° Par quoi comblerait-on le vide laissé par la suppression éventuelle de la dot ?

                1° Les droits des parents sont certains, mais il n’est pas moins certain que l’usage abusif d’un droit peut avoir comme conséquence la perte de ce droit. Or les abus de la dot sont évidents.

                Les droits des parents même en ce qui concerne le mariage de leurs filles ne sont pas illimités. Les empêchements de mariage et d’autres prescriptions de droit civil et ecclésiastique montrent bien que les droits des parents sont limités par les exigences de la morale et du bien commun.

                Dieu lui-même ne défendit-il pas aux Juifs de donner leurs filles en mariage aux païens à cause du danger de l’idolâtrie ? (Esdr. IX, 12). Or, l’Eglise est une véritable société instituée par Notre Seigneur Jésus-Christ « sur le fondement des Apôtres » et des Evêques leurs successeurs (Eph. 2, 20). En entrant dans l’Eglise, les parents ont publiquement renoncé à Satan et aux oeuvres de Satan. Il appartient aux chefs de l’Eglise de déclarer quelles sont dans le concret les oeuvres de Satan.

                « Or, aucun Apôtre, nul successeur des Apôtres, n’a enseigné la vente des filles. Tous au contraire, ont lutté et luttent encore pour que la volonté de Dieu se fasse, c’est-à-dire que les filles soient mariées sans être vendues, mais comme des créatures à l’image de Dieu, raisonnables et libres. Jésus-Christ étant contre cette vente, l’auteur de cette odieuse coutume ne peut être que son antagoniste : Satan » (Mgr Etoga, Effort 1-6-58)

                Puisque la dot fait partie des oeuvres de Satan, les parents doivent, en vertu des promesses du Baptême, y renoncer et, en toute loyauté, souscrire à sa suppression.

                D’ailleurs, en supprimant la dot, l’Eglise demanderait-elle à des parents chrétiens plus qu’elle n’exige des polygames ? Ceux-ci doivent, pour entrer dans l’Eglise ou pour y jouir des droits des enfants de Dieu, abandonner les avantages acquis par plusieurs dots.

                Ils ne sont pas rares les parents chrétiens que la vente de leurs filles a conduits à la polygamie. Le souci de préserver les fidèles de ce danger serait déjà un motif suffisant à la juste suppression de la dot.

 

                2° Par quoi comblerait-on le vide laissé par l’abolition de la vente des filles ?

                Aux Juifs qui s’appuyaient sur Moïse au sujet du mariage, Notre-Seigneur prescrivit de s’en tenir désormais à l’exemple donné par Dieu lui-même « au commencement » (Matt. 19, 6). Or la dot originelle fut le paradis.

                Pour nous conformer à la  parole du Christ « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Matt., 5, 47), Son Exc. Mgr Etoga invite à bon droit les parents chrétiens du Cameroun d’imiter cet exemple divin. « Dieu ne demanda absolument rien à Adam, écrit l’Evêque auxiliaire de Yaoundé. Dieu plaça les deux époux dans le Paradis, c’est-à-dire lieu de délices où se trouvait tout le bonheur souhaitable. Les deux amis ne manquaient de rien parce que leur Père avait tout préparé d’avance pour eux. Ils vivaient heureux. Notre Père nous ayant tracé cette ligne de conduite, je me demande d’où vient la vente des filles ? » (Effort, 1-6-58)

                Cette  dot, la vraie, qui  impose  aux  parents  des sacrifices à l’occasion  du mariage  de leurs enfants -garçons et filles - répond à la doctrine de l’Eglise. « Les parents ont la très grande obligation de veiller selon tout leur pouvoir à l’éducation tant religieuse et morale que physique et civique de leurs enfants. Ils doivent aussi pourvoir à leur bien temporel » (Canon 1113).

                Mais qui le croirait ? Cette dot composée de biens que les parents doivent donner à leurs filles au moment du mariage, cette dot qui permet aux parents d’être parfaits comme leur Père céleste est parfait en imitant ce que le Seigneur fit « au commencement », cette dot-là est une coutume en Afrique.

                Sr Marie-André du Sacré-Coeur note très justement : « En AOF et au Cameroun, l’épouse garde la propriété des biens qu’elle a pu apporter, que ceux-ci se bornent à quelques vêtements et ustensiles de ménage, ou au contraire, comportent en outre des bijoux d’or, voire du bétail » (Cf Abbé Njougla, La dot africaine, p.28). Elles ne viennent ni des Blancs ni du christianisme les appellations de cette dot, selon nos divers dialectes : angara (ewondo), masuha ma ngond (bassa), misub é mi ngon (mpo), elii tan (boulou), komo (bamiléké), etc... Beaucoup de tribus, comme les Douala, organisent des cortèges dansants pour porter les objets de cette dot au jeune foyer.

                Après avoir constaté qu’autrefois cette dot comprenant « tous les objets et ustensiles nécessaires à la vie quotidienne d’une bonne ménagère », l’Abbé Njougla ajoute avec beaucoup de justesse : aujourd’hui, cette coutume s’est modernisée. On apportera des sommes d’argent, une machine à coudre, des matelas, oreillers, étoffes, robes, couvertures, nappes ou encore des bijoux. Cela ne doit pas être considéré comme une copie des habitudes européennes, mais comme une sage modernisation de la dot africaine.

                Le dernier cas où j’ai vu cette dot date du 10 nov. 1958, à l’avantage d’une fille Ewondo mariée la veille à l’église de New-Bell. Mais le pauvre jeune homme avait dû auparavant verser plus de 60.000 frs CFA, sans compter le reste, et il était déjà père.

                Il est édifiant de constater que des parents malheureusement trop peu nombreux qui renoncent loyalement à exploiter leurs beaux-fils, fournissent toujours une dot à leurs filles.

                Il existe donc en Afrique et en particulier au Cameroun deux coutumes de dot dont l’une, la bonne, nous rattache à la saine tradition chrétienne. Rejetons simplement la forme commerciale de la dot, source d’abus, de palabres et de péchés, et retenons uniquement la dot proprement dite, capable d’amener les parents à avoir une conception plus chrétienne de leur noble vocation.

                Sur cette base à la fois négative et positive, l’Eglise pourra alors « sanctifier » la coutume de la dot. Le rite des « fiançailles », dont les abus de la dot ont jusqu’ici privé nos fidèles, pourrait entrer en usage. Il serait opportunément enrichi de la bénédiction de certains objets symboliques traditionnellement en usage au mariage local. Ce rite célébré avant la réception du sacrement de mariage, serait une base de préparation au mariage. La bénédiction au moins de la matière de certains mets traditionnels suffirait pour marquer la présence de l’Eglise au festin nuptial. Ainsi « sanctifiée » par l’Eglise, l’antique dot africaine seule adaptable aux conditions actuelles morales et civiques, remplacera avantageusement « l’odieuse vente des filles ».

               

                Daigne l’intercession de la Vierge Marie diriger à la réalisation de cette réforme bienfaisante, les efforts de tous les hommes de bonne volonté.

 

Abbé Simon MPEKE

Ancien curé de New-Bell

Missionnaire chez les Kirdis