Jean-Paul Messina, historien camerounais, à travers une évocation historique, parfois imprécise, évoque le modèle d'engagement chrétien de Baba Simon fervent adepte du respect des religions traditionnelles, Kirdi avec les Kirdi, convaincu de la nécessité de l'école, jouant un rôle bénéfique auprès des missionnaires occidentaux, subissant la calomnie mais ne perdant jamais sa foi en Dieu et en l'homme.

 

UNE GRANDE FIGURE DE LA MISSION

BABA SIMON

par Jean-Paul Messina

 

Spiritus, Décembre 1998, N° 153

 

Jean-Paul Messina, professeur à l’Université Catholique d'Afrique Centrale, enseigne l'histoire de l'Église et les religions africaines à la Faculté de Théologie. Il est aussi Secrétaire national de la commis­sion épiscopale “ Doctrine de la Foi ”  de la Conférence des évêques du Cameroun. Il est titulaire d'un doctorat en histoire du christianisme, d'un DEA en Sciences des religions et d'une maîtrise en Théologie.

Prêtre diocésain, Baba Simon quitte son Sud-Cameroun natal pour évangéliser le Nord et, plus spécifiquement, la tribu des Kirdi. Il y devient, à sa manière, un précurseur des grandes orientations mission­naires d'aujourd’hui

 

Dans ce qu'il convient d'appeler aujourd'hui la deuxième évangélisa­tion de l'Afrique, les témoins africains de l'Évangile occupent une place de plus en plus importante. Au Cameroun, entre autres figures, Baba Simon fait partie de celles que les historiens considèrent comme les modèles d'engagement chrétien ou de vie missionnaire[1]. Cet homme, que Mgr de Bernon présente comme la “fierté de l'Église du Cameroun ”[2] a laissé un testament d'une richesse incroyable dont ne sauraient rendre compte les quelques pages que nous lui consacrons ici. Il conviendrait, néanmoins, dans l'optique même de ce numéro de Spiritus, de situer dans les grandes lignes la place du dialogue ou de l'écoute dans sa vie de missionnaire. Mais commençons d'abord par présenter l'homme.

Baba Simon, de son vrai nom Simon Mpecke, est né en 1906 dans l'ethnie bakoko du Sud-Cameroun. Il fait ses études primaires à l'école de la mission catholique d'Edéa où il obtient, en 1917, le certificat de fin d'études primaires. Baptisé la même année par le père Chevrat, il est recruté comme moniteur à la mission. Un soir de l'an 1923, en compagnie de ses collègues, Mathias Bell, Oscar Misoka et Jean-Oscar Aoué, il observe la photo d'un prêtre noir sur une page d'un journal. La surprise est totale. Tous les efforts déployés par les Pallotins pour former un clergé camerounais de 1890 à 1914 n'ont donné aucun résultat. Bien au contraire, le décès du premier candidat à la prêtrise, André Toko, par noyade en 1893, avait laissé croire que le Noir, acca­blé par la malédiction de Cham, ne serait jamais ordonné prêtre.

 

À cette vue, Baba Simon se sent comme submergé par une grâce spéciale. Il prend alors la décision suivante: “ Ou mourir ou devenir prêtre ”[3]. Décision qu'il ne tarde pas à soumettre au directeur de son école, Thomas Omog et au chef-catéchiste, Paul Makoundou qui l'encouragent. Mais il fallait aussi l'avis du curé de la mission d'Edéa, le père Pierre Young.

 

Le père Young entreprit de lui apprendre le latin ainsi qu'à ses camarades avant de les faire inscrire au petit séminaire de Mvolyé à Yaoundé. Le 8 août 1924, ils quittaient Edéa pour Yaoundé, et com­mençaient leur formation de prêtre. En 1927, Baba Simon poursuivit sa formation au grand séminaire saint Laurent de Mvolyé où il reçoit la tonsure en 1931, les ordres mineurs en 1933, le diaconat en avril 1934 et l'ordination sacerdotale le 8 décembre 1935.

 

Baba Simon, le prêtre

 

Après leur ordination sacerdotale, Baba Simon et ses frères dans le sacerdoce furent jugés inaptes à se déployer sur le terrain et on leur imposa une année d'études de pastorale en 1936. C'est dans un envi­ronnement peu favorable, à cause du contexte colonial, que Baba Simon commence son ministère dans la mission de Ngovayang en qualité de vicaire, pour le poursuivre à Douala autour des années cinquante, dans la paroisse de New-Bell située en plein quartier populaire. En ces années cinquante, New-Bell est le siège de l’UPC, premier parti nationaliste Camerounais. C'est la première paroisse où Baba Simon exerce son ministère comme curé. En 1950, avec un autre prêtre camerounais, l'abbé Thomas Mongo, il accompagne les pèlerins du vicariat de Douala qui se rendent à Rome à l'occasion de l'Année sainte. Au cours du voyage, il fait la connaissance de l'abbé Fulbert Youlou de Brazzaville avec qui il tisse de profonds liens d'amitié[4].

 

En 1959, son ami devenu évêque, Mgr Thomas Mongo, l'envoie en mission au Nord-Cameroun pour soutenir l’œuvre des sœurs Servantes de Marie qui avaient exprimé le souhait d'aller évangéliser les Kirdi. Pour les ressortissants du Sud-Cameroun, le Nord du pays avait mauvaise réputation. C'était “l'enfer” du Cameroun. Affecter un travailleur sudiste au Nord était une grande punition. L'engagement de Baba Simon pour l'évangélisation des Kirdi peut donc être considéré comme héroïque. A la suite des dures épreuves vécues à Mayo-Ouldemé et à Tokombéré, Baba Simon revient au Sud-Cameroun où il meurt le 13 août 1975.

 

Baba Simon, le missionnaire

 

Baba Simon a incarné avant la lettre l'esprit d'Ad Gentes. Tout son ministère sacerdotal se caractérise par cette attitude missionnaire. Au diocèse de Douala où il a servi à Ngovayang et à New-Bell, il s'est comporté comme un envoyé du Christ auprès des siens. Pour cette pre­mière génération de prêtres camerounais, l'enjeu pastoral majeur était de faire comprendre à leurs compatriotes que la mission ne s'identifiait pas aux religieux occidentaux, mais qu'elle était au centre de la vie de tout prêtre. Si, d'une manière générale, les encycliques missionnaires (Maximum Illud en 1919, Lo Sviluppo en 1923, Rerum Ecclesiae en 1926, etc.) avaient posé les fondements de la formation du clergé autochtone et indiqué les domaines particuliers de leur activité, il reste qu'il appartenait à chaque prêtre “dit indigène” d'inventer sa pédagogie pastorale et sa méthodologie missionnaire pour être crédible ou pour corriger les impressions négatives laissées par les religieux-blancs. Baba Simon se montra très original là-dessus.

 

Convaincu que la Bonne Nouvelle ne pouvait positivement être accueillie que là où la culture du peuple est connue et prise en compte, il mit un point d'honneur à écouter ses paroissiens, à apprendre leur langue et à comprendre leur univers religieux traditionnel. Son amour de la vérité lui imposait d'ailleurs une telle disponibilité pour écouter et chercher à comprendre les situations auxquelles il se trouvait confronté, avant de suggérer des pistes de solution. Dans son ethnie d'origine, les Bakoko, Baba Simon entreprit des recherches pour comprendre, expliquer les tra­ditions et croyances locales et, éventuellement, souligner, pour celles des valeurs qui ne contredisent pas l'Évangile, qu'elles sont des préfigura­tions lointaines mais réelles du message chrétien. On sait que Baba Simon a laissé une étude ayant pour titre La Religion des Bakoko[5]. Mgr Thomas Mongo, s'inspirant de celle-ci, se plaisait à dire qu'en Afrique noire, la connaissance de Dieu ne pose pas de problème majeur puisque les religions traditionnelles en parlent, mais c'est la connaissance de Jésus-Christ, son Fils, qui leur échappait [6].

 

AU PAYS DES KIRDI

 

Le départ de Baba Simon pour le Nord-Cameroun répond à une autre vision de sa mission apostolique. Dans ce Cameroun où il était courant de dire que le Sud est chrétien et évolué, le Nord musulman et attardé, il n'était pas facile à un prêtre séculier jouissant d'une relative aisance matérielle de décider de renoncer à ce privilège pour aller affronter la “ misère ” des Kirdi. Toutefois, la vérité historique nous impose de relever que c'est une sœur indigène, Marie-Céline Ngo Pem, Servante de Marie, qui est à l'origine de cette épopée missionnaire. Pour autant, cela ne diminue en rien le mérite de Baba Simon dont la disponibilité et la geste évangélisatrice ont suscité l'admiration.

 

Le pays des Kirdi, il convient de le redire, est très différent de la région de Douala. Ici, le climat est semi-désertique, les semailles et les récoltes sont tributaires de la générosité des saisons, la population et ses traditions ont une spécificité qui gagne à être bien découverte pour une communication viable et efficace. De plus, il y a l'obstacle de la langue. Par ailleurs, la présence des missionnaires occidentaux, les Petits Frères de Jésus, ne semble pas lui favoriser la tâche. Tout est à faire.

 

La conviction intime de Baba Simon, c'est que : “ Si le climat s'impose à l'homme, la rencontre de l'autre se construit ”. Et pour construire une relation, il faut connaître l'autre : parler sa langue, comprendre ses traditions et croyances. Baba Simon apprit un certain nombre de dia­lectes Kirdis et s'intéressa de près aux valeurs culturelles et religieuses de ce peuple. C'est sur ce dernier aspect que résida le succès de son apostolat. En fait, c'est auprès des prêtres du culte traditionnel que Baba Simon fit son noviciat de messager de la Bonne Nouvelle au sein du peuple kirdi.

 

Les Kirdi et leurs traditions

 

Chez eux, plus qu'ailleurs peut-être, les sacrifices en l'honneur de Dieu témoignent de sa présence permanente chez les vivants. Baba Simon remarquera lui-même: “ Au Sud, les Bakoko croient que Dieu est inac­cessible, au-dessus des nuages, voyant et entendant tout. Ici, les Kirdis croient en un Dieu unique, suprême, souffle de vie et animateur de l'univers, en père qui s'approche des hommes en leur faisant des signes [7]. Son respect du sens du sacré chez les Kirdi va lui valoir la sympathie et le soutien des anciens et des grands prêtres du culte traditionnel. Il était sans doute judicieux, avant de parler du Fils de Dieu, de savoir où en étaient les Kirdi avec la notion de Dieu, Créateur et Maître de l'univers. Au début des années soixante, cette approche de l'évangéli­sation aurait facilement été placée sous le signe de l’inculturation si le mot avait été d'actualité au Cameroun à cette période.

 

À côté des traditions, il y a l'homme, le Kirdi, pour qui œuvre le mis­sionnaire. Comment vit cet homme? Que peut-on faire pour l'aider à améliorer ses conditions de vie ? Autant de questions qui préoccupent Baba Simon. L'état dans lequel il trouve le Kirdi n'est guère enviable. Méprisé par ses voisins musulmans, sa condition sociale est précaire et menacée par la maladie et la pauvreté. S'agit-il simplement, pour les aider, de leur donner de la nourriture ou de les soigner ? Baba Simon trouvera une solution qu'il résumera dans cette formule. “Si la misère est l'ennemi de Dieu, l'ignorance est l'ennemi numéro un de l'homme. ”

 

Combattre l'ignorance

 

Combattre l'ignorance, c'est éduquer l'homme, c'est le former pour le rendre maître et responsable de son destin. En pays kirdi, Baba Simon l'a compris mieux que quiconque. Dès son arrivée à Mayo-Ouldemé, sa vocation de moniteur à Edéa ressuscite spontanément face à la réalité. Il crée une école dont il restera longtemps l'unique moniteur.

 

L'école de Baba Simon n'est pas une école de conquête ou d'imposi­tion culturelle, mais une école qui doit répondre aux besoins des Kirdi, qui doit les libérer et non les asservir. L'école coloniale avait suscité de la méfiance. Baskouda note à ce sujet: “ Baba Simon sentit le danger. Alors, il multiplia ses visites pour découvrir ce milieu particulier et se faire connaître. Il prit le temps d'écouter, d'observer et de se laisser imprégner. Il découvrît peu à peu que l'homme de la mon­tagne, méprisé et délaissé, était doté de beaucoup de qualités: il était capable de prendre en main sa propre évolution” [8]

 

Prendre contact avec les familles, discuter avec elles et évaluer leurs besoins, c'est les impliquer directement dans la construction du royaume. Baba Simon le fait avec une méthode originale. Il marche à pied et il va nu-pieds. C'est impensable ! Un prêtre qui va nu-pieds, on n'en avait pas encore vu au Cameroun. Pourtant, il a de quoi se procurer des chaussures; il ne pense pas non plus promouvoir le “misérabilisme” chez les Kirdis. Ce qu'il veut, c'est témoigner la fraternité en Christ à ses paroissiens, c'est se rapprocher d'eux, vivre leur condition pour mieux les aider. “ Être kirdi avec les Kirdi ”. C'est par ce biais qu'il gagne la confiance de ces montagnards victimes de toutes sortes de persécutions et d'exclusion sociale.

 

Avec les missionnaires occidentaux

 

Le Kirdi ne manquera donc pas de voir en cet apôtre venu du Sud-­Cameroun un passionné de Dieu et un ami de l'homme. Peut-on aimer et servir Dieu qu'on ne voit pas sans aimer son prochain qu'on voit? Mais Baba Simon n'est pas le seul missionnaire à évangéliser les Kirdi. Il y en a d'autres : les Petits Frères de Jésus, les Oblats de Marie Immaculée (à qui Rome avait confié l'évangélisation de tout le Nord-Cameroun en 1943), des laïcs (médecins, infirmiers) et des religieuses de diverses congrégations.

 

Ces missionnaires n'ont pas les mêmes charismes ni la même conception de l'évangélisation que Baba Simon. Ils œuvrent pourtant pour le salut d'un même peuple. Prenons un exemple: Si la nudité des Kirdi constitue pour certains missionnaires occidentaux comme une fatalité de l'histoire, Baba Simon, lui, en est plutôt scandalisé. Il lui devient évident qu'il faut changer le regard des “missionnaires” sur les exi­gences africaines de la mission. Il ne sera pas seulement en mission auprès des Kirdi, mais également auprès des missionnaires occiden­taux. Sa qualité de membre de la fraternité sacerdotale de Jésus-Caritas lui permettra de remplir efficacement cette mission particulière.

 

Avec le docteur Maggi, médecin laïc d'origine suisse, il se lie d'amitié car la charité a besoin d'être éduquée et orientée pour produire des effets bénéfiques. C'est Baba Simon qui explique au Dr Maggi les méandres de la vie conjugale chez les Kirdi. Il l'accompagne dans bon nombre de ses tournées. Cette rencontre, le Dr Maggi la taxera lui-même de “ providentielle”. Presque tous les missionnaires occidentaux ayant côtoyé ce prêtre camerounais finiront par découvrir qu'au-delà de la misère kirdi, il y a une richesse, celle d'un patrimoine culturel et qu'il est un atout pour l'évolution du peuple.

 

Le chemin de croix

 

Mais Baba Simon, le défenseur des Kirdi, eut à souffrir des situations inhérentes à sa vie de missionnaire : incompréhensions diverses et accusations calomnieuses. Il faut rappeler ici la crise de 1970 où un évêque camerounais, Mgr Albert Ndongmo du diocèse de Nkongsamba, est accusé d'avoir voulu renverser le gouvernement. C'est un musulman, Ahmadou Ahidjo, originaire du grand nord, qui dirige le gouvernement. La crise, d'essence politique, a vite fait de prendre une coloration religieuse. Elle est présentée comme un complot ourdi par les chrétiens du Sud contre les musulmans du Nord. Baba Simon, qui œuvre dans le grand nord, est accusé d'être un membre actif de ce complot. D'ailleurs, lui, prêtre originaire du Sud, qu'est il venu faire au Nord ? Jusqu'en 1959, seuls les missionnaires blancs avaient la charge d’évangéliser cette partie du Cameroun.

 

Revenu à Yaoundé en novembre 1970, Baba Simon est pratiquement assigné à résidence pendant un mois. Il lui est interdit de quitter la capitale sans l'autorisation de la présidence de la République. Il est soupçonné de semer la dissidence par distribution de tracts. En fait de tracts, on ne trouvera sur lui que des copies des rapports qu'il avait lui-même transmis aux autorités gouvernementales.

 

Libéré et reconnu innocent, Baba Simon rentre à Tokombéré pour reprendre son ministère. Mais il est déjà usé par le poids de l'âge, des responsabilités et de tant d'années de dur labeur. Ses moments privilégiés sont les temps consacrés à la méditation, ce qui lui permet de contempler Dieu et d'aimer davantage l'homme. Il semble que la méditation ait été la source fondamentale de son inspiration pour la mission.

 

Que retenir de cette grande figure du clergé Camerounais ?

 

Grand homme, Baba Simon l'a été. Son plus grand mérite est d'avoir réussi à transcender les contradictions et les contrariétés de la vie mis­sionnaire pour rester fidèle à l'esprit de l'Evangile et témoigner de la foi chrétienne, non par simple idéal de triomphalisme mais par un engagement concret au service de la cité terrestre sans lequel la cité de Dieu est une vaine obsession. Cet engagement est fondé sur l'amour de la vérité, l'écoute et le respect de l'autre, la foi en Dieu et en l'homme créé à son image. Baba Simon s'est ainsi révélé un modèle de messager de la Bonne Nouvelle.

 

Sa théologie missionnaire trouve sa source dans l'expérience vécue sur le terrain, au milieu du peuple qu'il entend sanctifier. Baba Simon s'est beaucoup plus soucié de la pratique, laissant aux autres le soin de théoriser. Ce témoin de la mission ne ferait pourtant pas aujourd'hui de complexe devant les grandes questions qui agitent les partisans de la théologie de la libération et ceux de l'inculturation.

 

Jean-Paul Messina, Institut Catholique, BP 11628, Yaoundé, Cameroun.



[1] Lire à ce sujet: J.P. MESSINA, Des témoins camerounais de l'Évangile, Yaoundé, Presses de l'Université

   Catholique d'Afrique Centrale, 1998, 84 p. 21

[2] Voir J.B. BASKOUDA, Baba Simon. le Père des kirdi, Paris, Cerf 1998, p. 166.

[3] Texte manuscrit de J-O.  AOUÉ. “ Souvenir et réflexion d'un Ancien sur l'Église catholique au Cameroun ”. 

   non daté, p. 3.

[4] L'abbé Fulbert Youlou sera le premier Président de la République du Congo-­Brazzaville en 1960.

[5] Cet ouvrage. dont l'existence est attes­tée par l'abbé Jean-Marc Ela demeure introuvable aujourd'hui.

[6] Voir le texte de Mgr Mongo, “ Le Cameroun devant son indépendance ”, in D.C. 1318, 20 décembre 1959, pp. 1571-1584.

[7] BASKOUDA. Op. cit. p. 69.

[8] Idem p. 43