Lettre à propos de l’aide qu’on peut apporter et du jumelage avec des communautés d’Europe.

 

 

Lettre pour le diaire de l’Union

07 Mai 1959

Extraits issus du diaire de l’Union des Frères de Jésus

 

 

... Je commence par la question matérielle. Je crois que le mieux serait, pour l’immédiat de m’envoyer de l’argent par mandat poste à Mora. Nous avons ici une Procure pour le Diocèse, où l’on trouve le nécessaire et dont le personnel missionnaire est très dévoué. Cela arriverait ici plus vite et je n’aurais pas les ennuis de la douane. Bien que je ne sois pas venu surtout pour habiller les Kirdis, je dois cependant habiller au moins mon personnel et quelques amis. A ce propos, ce qui nous conviendrait ce serait des habits courts : culottes, chemises manches coupées. Les pantalons les embarrassent.

Depuis un mois, je me suis lancé à l’apostolat. Il y a ici deux zones : la plaine et les montagnes. Les Kirdis redescendus sur la plaine sont exposés à l’Islam et au Protestantisme. Je me suis donc adressé d’abord à eux. J’ai déjà créé sept postes de catéchistes. Il y a bien plus de cent sympathisants qui viennent régulièrement au jour où je les visite. Je n’ai ni catéchiste, ni instituteur. Je me multiplie donc chaque semaine pour donner à chaque groupe une courte instruction hebdomadaire. Mes élèves sont en vacances. C’est l’époque de la récolte du mil.

Toute la masse des Kirdis est pourtant dans les montagnes. Le Petit Frère Jacques les estime à 80.000. Je n’ai touché qu’un coin, un petit coin de montagne, et j’ai été effrayé du nombre de sympathisants, en considérant mes possibilités. Messis quidem multa... oui, ici, c’est terriblement vrai... Vous voyez un peu ma situation à la fois consolante et désolante. Si au moins j’étais un saint prêtre, un saint curé d’Ars ! Ici, nos défauts font obstacle à tout.

Si vous pouviez trouver de bonnes âmes là-bas, qui nous enverraient de quoi apprendre aux filles à tricoter, ce serait une affaire pour nos Sœurs qui voudraient se réserver quelques heures pour ce moyen de contact.

Je suis à la fin de ma lettre et l’idée me vient de t’avoir vouvoyé tout le temps. Je t’en demande pardon...

Le jumelage dont tu parles ne peut être qu’avantageux pour les uns et les autres dans la Communion des Saints... »

Abbé Simon MPEKE

Mission Catholique de Mada Ouldémé

 par Mora (Nord-Cameroun)